Happy Birthday...
A 17 ans, ‘paraît qu’on a toute la vie devant nous. Une vie qu’on a encore le droit de choisir, parce que les gens disent qu’on est pas encore blasés, parce que les gens disent qu’on est pas encore accablés par la routine et parce qu’ils disent aussi qu’à 17 ans, on réfléchit pas vraiment au lendemain.
A 17 ans, ‘paraît qu’on profite de tout. Qu’aucune limite ne nous atteint, ni ne nous bloque. Qu’on boit, qu’on fume, qu’on se drogue juste pour s’amuser. Que le sexe n’est qu’un jeu et que nos cerveaux ne tournent que par tous ces plaisirs.
A 17 ans, ‘paraît que la vie est belle. Parce qu’on a la liberté que les gosses n’ont pas et pas encore les problèmes des adultes gribouillés du noir de leurs soucis si importants. La vie est belle parce que on se tient en haut de notre arrogance. Soi disant au dessus des sombres nuages qui nous engloutiront bientôt. Au-dessus des mensonges de nos futurs.
Mais alors, pourquoi à 17 ans, on a peur ? De ce que nous réserve le lendemain. Peur d’être enchaînés et de n’jamais pouvoir se libérer. On a peur de vivre une vie de merde, étouffés par des carcans et aveuglés par des œillères. On a peur de mourir dans cet état de légume dirigé par une société toujours plus exigeante.
Alors pourquoi, à 17 ans, on passe des journées entières avec le moral à plat, sans pouvoir étirer plus qu’un infime sourire ? Quand on n’a pas de raisons d’être malheureux et que tout va pourtant si mal. Et que nos couleurs ne reviennent que parce qu’on fume, qu’on boit et qu’on se drogue pour oublier. Et qu’on essaye désespérément de se rendre meilleur en se souillant toujours plus. Quand on se tue à petits feux dans les bras de partenaires qui ne nous aiment pas, dans les bras d’illusions qui nous rongent, pour ne plus jamais pouvoir retourner en arrière.
Pourquoi, à 17 ans, on passe des nuits blanches, recroquevillés dans le noir, au chaud sous une couette qui ne nous protège plus de rien ? Des nuits de cauchemars où les démons qui viennent nous hanter sont bien pires que le croque-mitaine. Des nuits à se poser des questions, à se battre contre des sentiments, à s’épuiser contre des peurs.
Parce qu’à 17 ans, on aimerait pouvoir dire qu’on est fort. Pouvoir dire qu’on sait qui on est et qui on va devenir. On aimerait pouvoir rire de nos erreurs et se relever après nos faux-pas. On aimerait pouvoir dire que notre chemin est sûr et qu’aucune obscurité ne nous effraie.
Parce qu’à 17 ans, on aimerait ne plus avoir à se débattre, entravés par nos rêves inaccessibles et nos espoirs éteints. On aimerait pouvoir être fier de ce qu’on est et de ce qu’on fait. On aimerait juste avoir confiance et ne plus se retourner.
Parce qu’à 17 ans, on aimerait pouvoir créer ce qui nous rend meilleurs et réussir à redonner le sourire à ceux qui ne l’ont plus. Parce qu’on voudrait ne plus parler d’aspirations mais de réalités. Juste pour prouver qu’on a notre place dans ce monde.
A 17 ans, on aimerait pouvoir assurer, avec un sourire en coin, qu’en vrai, oui, la vie est belle.